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sábado, abril 01, 2006

PROVEDORIAS LÁ DE FORA

Robert Solé analisa uma reportagem de um jornalista do Le Monde que retrata o modo como um grupo de cerca de 50 jovens vai agredindo e roubando na confusão das recentes manifestações contra o CPE, em Paris. Há leitores que interrogam a "cumplicidade" do jornalista com os actos cometidos. Mas o provedor não dá razão aos leitores.

"Aviez-vous lu ce reportage de Luc Bronner dans Le Monde du 25 mars ? Il y était question d'un groupe de jeunes banlieusards, partis de Bobigny et de Drancy (Seine-Saint-Denis) pour aller "casser du flic" sur l'esplanade des Invalides, à Paris, après avoir volé ou agressé des étudiants et lycéens qui défilaient contre le CPE.

Luc Bronner, 32 ans, s'était mêlé à eux, sans leur cacher sa qualité de journaliste. Il racontait, "de l'intérieur" en quelque sorte, leur consternante équipée : "Les claques distribuées au hasard alors qu'ils courent le long du cortège ; les petits groupes de cinq ou six personnes qui se jettent sur un lycéen, le font tomber et le rouent de coups ; les jeunes filles tabassées à coups de pied ; les "balayettes", dont ils sont si fiers, qui renversent leurs victimes ; les pierres jetées aux policiers ; les portables volés, les appareils photo arrachés. On les suit et on voit leurs sourires, on les entend se raconter leurs performances..."

L'article précisait que cette bande d'une cinquantaine de personnes, bien organisée, était "composée majoritairement de Noirs, d'une minorité de Maghrébins et de quelques Blancs". Une précision qu'on n'aurait pas lue dans Le Monde il y a quelques années : il n'y était alors question que "des jeunes" ou "des jeunes des cités".

Trois lectrices, frappées par ce reportage, nous ont fait part de leurs réactions.

"J'aimerais savoir, écrit Marie Duflos, de Nanterre (Hauts-de-Seine), si le journaliste s'est contenté d'observer ces vols et agressions, s'il a aidé les personnes qui se faisaient dépouiller ou frapper et s'il a averti la police pour qu'elle interpelle les auteurs."

Ce n'est pas le contenu de l'article qui a choqué Zoé Jamme, étudiante en deuxième année d'histoire et sciences politiques à Paris-I : "La réalité que vous décrivez, je commence malheureusement à la connaître, puisque je participe aux manifestations anti-CPE depuis un mois. Ce qui me gêne, c'est la place occupée par le journaliste. Où commence la non-assistance à personne en danger ? Suivre "officiellement" une bande de casseurs est une manière de relayer leur violence. En les suivant, sans vous cacher, vous avez joué leur jeu. Sinon, pourquoi croyez-vous qu'ils vous aient épargné ? Le fait qu'un journaliste les observait n'a pu qu'intensifier leur violence."

La même question est posée par Corinne Julien, de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) : "On se croirait en pleine télé-réalité. A aucun moment, dans son article, l'observateur ne s'interroge sur l'influence qu'il a pu exercer sur les observés."